Que fait l’ingénieur de « mastering »? (2ème partie)

Lors d’un blog précédent j’ai expliqué ce qu’était le « mastering » et pourquoi c’est nécessaire. Le travail que fait l’ingénieur de « mastering » peut se diviser en deux. Le « pre-mastering », un travail plutôt artistique, a été couvert précédemment. C’est la deuxième partie du travail de l’ingénieur, le « mastering » ou matriçage, plus technique, dont il est question ici.

Le « mastering »

Le « mastering » ou matriçage, consiste à préparer le « master » lui-même. C’est une étape plutôt technique qui implique de fournir la matrice pour duplication, l’acétate pour le vinyle ou le « glass master » pour le CD.

 

Si le « mastering » a été fait à une résolution (en bit) plus élevée que celle que du produit final, il faudra recourir au « dithering ». En un mot, le « dithering » ajoute une empreinte de bruit de faible niveau qui sert à compenser les ‘marches’ ou étages qui apparaissent lorsqu’on réduit la résolution (qui en effet réduit la longueur des mots numériques). L’exemple typique est le passage de 24bit au 16bit nécessaire pour les Cds. Ces ‘marches’ ou ondes d’apparence carrée causent une distorsion dans l’audio et le « dithering » est censé la camoufler. Il existe plusieurs algorithmes de « dithering ». POW-R (pour Psychoacoustically Optimized Word-length Reduction) est un algorithme proprietaire développé par un groupe de compagnies (incluant Weiss Engineering et Millenia Media) et est disponible dans ProTools, Digital Domain, Logic, SADIE, Samplitude et Sonic Solutions.

 

Lors de la préparation d’un CD, l’ingénieur de « mastering » doit ajouter les sous-codes P et Q (qui font partie de la spécification « Red Book »). Essentiellement, les sous-codes P et Q qui sont intégrés (« multiplexed ») avec l’information audio sur le CD contient des informations de minutage (début et fin de la piste, temps restant sur le CD ou de la piste, etc…) lues par le lecteur CD. Le sous-code P dit au lecteur CD quand commence chaque piste. Le sous-code Q inclut le TOC (« Table Of Content », écrit sur CD-R pendant l’étape de finalisation) et la longueur de chaque piste. D’autres sous-codes existent (R, S, T, U, V et W) mais P et Q sont les seuls requis pour un CD audio. Les autres sont rarement utilisés et contiennent souvent les paroles ou du texte par exemple.

 

Également un code ISRC (International Standard Recording Code) peut-être rajouté à chaque piste de l’album. Le code, unique pour chaque piste, identifie le producteur, le pays d’origine, l’année de production et la piste elle-même. Ce code était largement utilisé à l’époque où les stations de radio faisaient jouer des CD et permettait de retracer facilement quelles pistes avaient été mises en onde.

 

Du texte CD peut également être ajouté à chaque piste du « master » final. CD Text permet d’ajouter de l’information au sujet de l’album et est affiché sur les lecteurs CD compatibles, par exemple ceux que l’on trouve dans les voitures. Si vous créez un fichier DDP, il inclut l’information de texte CD.

La 1e partie de l’article

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